Comment faire parler quelqu’un qui ne parle pas ? 3


Mais, ça veut dire quoi au juste « parler » ?

On est bien d’accord, il n’est pas question ici de soutirer des aveux à un compagnon muet comme une table de chevet ou une compagne pas plus bavarde qu’un paquet de chips au paprika. Forcer quelqu’un qu’on aime à dire ce qu’il a sur le cœur, sous prétexte qu’on n’en peut plus du silence, est la meilleure méthode pour qu’il soit encore plus hostile au dialogue à l’avenir.

Parler pour dire quoi ?

Évidemment, si c’est pour s’entendre dire :

« Mais si, je t’aime » ou
« Ouais c’est bon, j’ai compris le message » ; ou encore
« Non, mais t’inquiète, ça va, pas de problème »,

on ne parle pas de “parler”, mais de “répondre”.

Parler, c’est aller à la rencontre de l’autre. Chercher à se coller au plus près de son ressenti pour le comprendre et qu’il nous comprenne en retour. En réclamant une explication, on n’échange pas, on attend. Et tant que l’autre se sent oppressé, la réponse ne vient pas.

Comment l’aider à parler de ses sentiments ?

Puisque l’oppression est contre-productive, je vous encourage à commencer par réfléchir. L’idée n’est pas vaine, puisque lancer un dialogue constructif réclame un sacré effort d’empathie.

Au moment où vous savez comment formuler votre dialogue, vous pouvez dire ce que vous ressentez. Si vous vous lancez sous le coup du stress, sans réfléchir à votre formulation, ni respecter le temps de réflexion de votre partenaire, vous allez dire tout le contraire de ce que vous souhaitiez et en ressortirez avec le regret d’être encore passé/e à côté de votre besoin d’expression.

Afin de vous montrer comment encourager votre partenaire à parler, je vous propose un exemple :

A – Lorsque je te vois allumer la télé machinalement en arrivant à la maison, je me sens dépité/e car j’ai souvent des choses à te raconter et la présence de la télé me décourage. Tu voudrais bien l’allumer plus tard désormais, le temps qu’on se retrouve et qu’on se raconte notre journée ?

B – Mais moi, ça me détend.

A – Tu veux dire que tu te sens fatigué/e de ta journée et que tu as besoin de ce moment de décompression pour être plus disponible après ?

B – Oui, c’est ça. J’ai besoin de fffhhhhh… de souffler. Alors j’allume la télé. Comme ça, je suis dans ma bulle.

A – Je comprends, donc t’as un grand besoin de repos. Mais j’ai l’impression qu’il y a un sentiment derrière ce besoin. Est-ce que tu as un sentiment de lassitude, de saturation ?

B – Oui, c’est ça. Je suis fatigué/e de courir. J’en ai marre. J’ai l’impression que ça sert à rien.

A – Et est-ce que tu peux me dire quel besoin ce sentiment de lassitude traduit-il ?

B – Bah je viens de te dire : J’en ai marre ; j’ai l’impression qu’on fait plus rien. Avant on bougeait, on sortait, c’était marrant, quoi.

A – Mais je suis d’accord avec toi ! C’est pour ça que je te dis ça pour la télé : parce que j’ai besoin moi aussi de passer des moments sympas avec toi. En fait, on a les mêmes besoins et on ne se le dit pas ! Bon, on sort ?

B – D’accord.

Pour se rencontrer, on a besoin de commencer par écouter l’autre… de ses besoins, justement. Et des sentiments qui provoquent ces besoins. À cette fin, avez-vous noté les mots de liaison et les courtes phrases interrogatives qui aident à l’accouchement de la parole ? Ils sont merveilleux pour accompagner le locuteur :

« Que dirais-tu ? » ; « Est-ce que ? » ; « Veux-tu dire que ? » ; « Je comprends »

Sans compter la phrase magique :

« Et est-ce que tu peux me dire quel besoin ce sentiment (…) traduit-il ? »

Pourquoi il ne faut pas dire “Pourquoi ?”

Je vous invite à bannir de votre vocabulaire la question : « Pourquoi ? », qui fonctionne bien avec des personnes qui communiquent facilement, mais renforce le blocage de ceux qui ont fait veux de silence. Au mieux, on reçoit une réponse faite de :

« Bah je sais pas, je pense que… » ou

« Parce que… je sais pas ».

Dans tous les cas, la réponse est floue. Incertaine. Pour éviter ce flou artistique, je vous propose d’aider votre partenaire en cherchant ce qui peut le perturber plutôt qu’en le poussant à réfléchir sur une réponse qu’il le comprend pas lui-même.

Les hommes ont-ils plus de mal à parler que les femmes ?

Ah, comme le gros cliché sur les hommes taiseux a la dent dure ! Pourtant je constate d’expérience que beaucoup d’hommes (les deux tiers des personnes qui me consultent sont de genre masculin) se plaignent que leur femme ne dit rien d’elle ou qu’elle répond de façon évasive. Ils en sont très blessés. Pour trouver un moyen de communiquer, ils essaient tout ce qu’ils peuvent : guides pratiques, envoi d’emails, sms inquiets… Au jeu du silence, les hommes sont aussi mal lotis que les femmes.

Et que dire des couples de femmes ? Les lesbiennes aussi souffrent que leur compagne choisisse la politique de l’autruche plutôt qu’un dialogue constructif. Chez les couples gays, le problème existe tout autant : l’un souffrant souvent du mutisme de l’autre.

Cessons d’entretenir les idées reçues.

Les hommes ne viennent pas plus de Mars que les femmes de Vénus. Certains font des allers retours entre les planètes. Il arrive même qu’en chemin, ils se rencontrent et partagent leurs expériences.

Et vous, savez-vous parler ?

Si vous attendez, légitimement à ce que votre partenaire se livre, commencez par parler de vous. Quels sont vos besoins ? Quels sont les sentiments qui vous traversent ? À quels moments, précisément ?

Vous voulez encourager celui ou celle que vous aimez : ouvrez-lui le chemin. C’est difficile de parler de ce que l’on ressent suite à la provocation d’une frustration ou d’une colère. Pour vous aider, j’ai écrit un article sur le sujet : Pour résoudre notre crise de couple, parlons-nous avec de vrais mots.

Prune Quellien

Mini Prune HomeVous rencontrez cette situation et avez besoin d’un conseil amoureux personnalisé ? Je vous invite à prendre rendez-vous, nous en discuterons ensemble et envisagerons des solutions.

 

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3 commentaires sur “Comment faire parler quelqu’un qui ne parle pas ?

  • Leroy

    Bonjours,je suis en couple mais avec mon compagnon rien ne vas plus il boie 1bouteille de vodka par week-end il ne fait même pas attention à moi il me dit qu’il veux qu’on se sépare et qu’il la une autre meufs alors que quand il est normale sans boisson tout vas bien il vas jusqu’à m insulter doit je encore supporter ça encore longtemps car ma j’en peux plus je suis à boue

    • prune Auteur de l’article

      Bonjour, l’alcoolisme est une pathologie contre laquelle vous ne pouvez pas lutter seule, et encore moins contre son gré. Nous pouvons en parler en entretien si vous le souhaitez, je vous indiquerai des pistes de soin appropriées et surtout je vous aiderai, vous. Bien à vous,
      Prune QUELLIEN