Je croyais qu’on s’aimerait toujours


Ça veut dire quoi « toujours », en amour ? 15 jours, 1 an, 40 ans ? Comment faire face quand l’amour meurt avant ?

Nul ne connaît la durée de vie d’un amour. On se rassure en pactisant avec l’autre, par l’entremise d’un document officiel, mariage ou PACS, ou d’une promesse tenue conjointement les yeux dans les yeux : « Je t’aimerai toujours », « Tu es l’homme/la femme de ma vie », mais on ignore quand prendra fin cette union sentimentale… Car elle prendra fin certainement, ne serait-ce que lorsque le cœur d’un des deux amoureux cessera réellement de battre. Pour de vrai, comme disent les petits.

L’amour aura duré alors « jusqu’à ce que la mort [les] sépare ». Toute une vie côte-à-côte, jusqu’au bout. Ça fait rêver ! À moins que ça ne rassure, plutôt ? À connaître le visage de l’avenir, on croit apprivoiser notre propre fin, avoir quelqu’un qui nous tienne la main dans « la dernière ligne droite », comme on l’entend des personnes qui définissent leur image de l’amour tardif. On espère tous être entourés d’amour au moment de dire bye bye. C’est humain.

Une vie entière à aimer ensemble. Entre le premier clin d’œil et le dernier souffle, l’amour se sera transformé, il aura adopté les contours de la bienveillance réciproque, laissant derrière lui les délices de la fièvre amoureuse, appétissants comme une pomme d’amour, mais aussi l’amertume des mots non-dits. Ne pas avoir déclaré son amour quand on arrive au seuil de sa vie est le pire aux yeux de ceux qui n’ont plus que le passé devant eux.

Quand ce n’est pas le corps qui tue le sentiment, c’est parfois le sentiment lui-même qui fuit. « Cessera-t-il de m’aimer ? » Peut-être. Mais quand ? Quelle date ? Quelle heure ?! Cette ignorance, quelle angoisse légitime quand soi-même on aime encore ! Mais l’amour peut nous échapper, aussi. On craint de ne plus être aimé, mais il arrive qu’on s’inquiète du désamour qu’on pourrait soi-même ressentir plus tard. « Et si je ne l’aimais plus, un jour ? »

Et là, on ne s’en sort plus ! Se projeter sans fantasmer, jeter un œil sur son passé sans y rester collé : il faut vivre la vie quand elle est là. On peut essayer, en tout cas.

Les plus lucides (ou les plus flippés ?) auront compris que l’amour éternel ne rime pas avec amour passionnel et préfèreront paraphraser la non-demande en mariage de Brassens :

« J’ai l’honneur de ne pas te demander ta main
Ne gravons pas nos noms au bas d’un parchemin »

Encore faut-il que cette non-demande ne cache pas une vraie esquive…

Prune Quellien

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