Elle me critique tout le temps… et lui aussi.


« On ne se comprend pas. Elle me dit noir, je réponds blanc et pourtant on s’aime. Mais on se dispute tout le temps. Le pire, c’est qu’on ne sait même plus pourquoi ! »

Dans mon cabinet, j’entends souvent ce type de phrase qui signifie que les deux partenaires ont l’impression de parler chinois. Ou plutôt deux langues différentes que chacun est seul à comprendre.

Le point de départ de ces disputes part pourtant d’une réflexion dite bienveillante qui se transforme en avalanche de reproches dans les oreilles de celui qui l’entend et en sentiment d’injustice dans la bouche de celui qui la prononce.

Prenons un exemple. Imaginons que votre femme vous offre un beau stylo plume hors de prix pour votre anniversaire en vous disant : « Comme ça, tu vas pouvoir signer des beaux contrats ! »

Que dit-elle ?

« J’ai voulu te faire un cadeau de valeur car je t’estime ».

De votre côté, que pouvez-vous interpréter ?

« Elle trouve que je ne gagne pas assez d’argent / Elle en a marre de me voir traîner à la maison sans trouver de travail / Elle m’infantilise, etc. »

C’est la différence entre le message, qui devrait être pris au pied de la lettre, et le métamessage, qui est chargé de sous-entendus. C’est le métamessage qui déclenche les conflits car il remet en cause la relation entre les interlocuteurs.

Dans les relations familiales, on connaît bien ces célèbres déclarations « Si je dis ça, c’est pour ton bien… », « Je te dis ça parce que je t’aime ». Qui ne les a pas entendues ! On a aussi tous en tête des interrogations telles que : « Tu es sûr que c’est une bonne idée de commander une choucroute ? », pleines de censures non assumées. Dans le même registre, une réflexion comme : « Tiens, tu sais compter toi, maintenant ? », ne sous-entend-elle pas que celui qui l’entend n’a plus qu’à retourner à l’école ? Critique pernicieuse et scène de ménage en perspective.

Comment faire la différence entre un message et un métamessage ?

On pourrait commencer par dire ce que l’on ressent, en l’occurrence :

« Il est très beau ce stylo et je te remercie. Mais j’ai l’impression que tu m’offres un stylo parce que tu trouves que je ne gagne pas assez d’argent. Je me trompe ? »

Si elle vous répondait :

« Mais pas du tout ! Que vas-tu chercher là ? »,

elle nierait peut-être son métamessage, mais au moins vous aurez ouvert un dialogue qui pourra être repris plus tard, pacifiquement.

Une autre option existe, plus volontaire : admettre que vous n’êtes que ce que vous êtes. Aussi imparfait que vous soyez, vous vous assumez comme tel.

« Oui, je commande une choucroute et je ne débattrai pas autour de ce sujet. Oui, je travaille à mon rythme et je ne me transformerai pas en businessman. C’est comme ça que tu m’as connu, c’est comme ça que je suis. Je fais moi aussi des efforts pour apporter ma pierre à notre couple et à notre famille, mais ne me demande pas d’être un autre car comme je suis, je m’accepte ».

Il ne s’agit pas de vous laisser aller en vous disant : « Qui m’aime me suive ! », mais de ne pas vous laisser manipuler par la volonté d’autrui. Ainsi, vous forcez l’autre à regarder ses propres angoisses… et pas celles que vous n’avez pas.

Prune Quellien

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