Mon adorable femme est devenue un tyran


De « douce » elle est devenue « dure », « méconnaissable ». Que faire avec une femme qui devient violente ?

Alors que la procureure de la 24ème chambre du tribunal correctionnel de Paris a requis 5 ans fermes contre Zakia Medkour, l’ex-compagne de Maxime Gaget – homme battu pendant un an et demi qui a fait le récit de son drame dans Ma compagne, mon bourreau –, quelques voix d’hommes s’élèvent pour dire « Moi aussi, ma femme m’a tapé ».

Bizarrement, il n’y a pas de féminin à tyran

Tout comme il n’y a pas de féminin à « escroc » (on dit toujours une escroc, et pas une “escroque”, comme si les femmes étaient incapables de flouer quelqu’un), il n’y en a pas à « tyran ». Pourtant, certaines femmes utilisent leur pouvoir aux fins de dominer, sans considération pour autrui. Elles ne sont pas nées tyrans, elles le sont devenues. Elles renvoient la balle qu’elles ont reçu en pleine face jadis. Mais à défaut de la renvoyer à la personne qui les a oppressées, elles la destinent au plus gentil, au plus compréhensif, au plus proche d’elles : leur conjoint.

La violence conjugale touche les hommes, aussi

J’ai reçu récemment un homme qui m’a confiée : « C’est une femme adorable. Mais elle est hypersensible ». Tellement hypersensible qu’elle le rabroue dès qu’elle le peut, le rabaisse devant ses enfants, le dénigre en public. Et refuse de dialoguer. Ce refus est une autre punition. Un autre homme s’est ruiné pour une femme qui l’avait déjà battu « mais pas beaucoup ». Quand je lui ai demandé « – C’est quoi “pas beaucoup ?” – Quand elle avait bu. – Et elle buvait souvent ? – Oh, parfois. Mais j’arrivais à l’arrêter. »

Des mots offensants aux coups portés : autorisez-vous à en parler

Ces hommes-là ont su en parler à temps. Ils ont assumé d’entendre qu’être tapé, même une seule fois, même une claque ou une bousculade violente, n’est pas normal et que le problème ne vient pas d’eux, mais qu’ils en sont les victimes. Ils ont su tirer la sonnette d’alarme bien avant d’enclencher le cycle infernal « Offenses et humiliations > coups > regrets > parenthèse enchantée > humeur noire > offenses et humiliations ». Et surtout, ils ont résisté à la tentation de réparer la femme qui les brutalisait en se séparant définitivement d’elle. Pour sortir de cette tentation, la meilleure porte c’est la parole. Victimes ou auteur.e.s de violences, chacun peut se permettre de parler.

Prune Quellien

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