Je voudrais qu’il (elle) change


Si seulement il (elle) était… Mais non, le conjoint ne change pas. Alors, qui doit changer pour préserver l’équilibre du couple ? Lui (elle) ou vous-même ?

Quand je l’ai connu…

Marion a rencontré Thomas dans un bar de nuit :

            « Je l’ai connu travaillant la nuit et ça me plaisait qu’il soit en léger décalage, je trouvais ça fun. Le problème aujourd’hui c’est qu’on ne se voit jamais. »

Kevin a, quant à lui, des difficultés à admettre que sa compagne n’exprime pas beaucoup de désir :

            « C’est vrai que je ne l’ai jamais connue très portée sur « la chose », mais au bout de dix ans, je n’en peux plus. »

Claire et Yazid de leur côté ne cessent de se reprocher d’être… ce qu’ils ont toujours été : elle, une enseignante-chercheuse qui consacre tout son temps enfermée dans des bibliothèques et lui, un poète qui trouve plus souvent l’ivresse que les contrats d’édition.

            « Elle me harcèle pour que je trouve un travail stable » ; « Il me reproche de travailler tout le temps… et en plus, j’ai l’impression qu’il m’en veut d’être publiée. Mais c’est mon métier ! »

La faute à qui ?

Tous et toutes savaient qui ils rencontraient, chacun s’est investi dans la relation en connaissance de cause. Pourtant, ce qui les a séduit est devenu un motif de reproches, car il est plus facile d’incriminer l’autre que de se remettre en question. Y aurait-il une sorte de “confort” à s’investir dans une relation qui ne fonctionne pas ?

Pour continuer à faire grandir l’amour et s’y épanouir, il revient à chacun de s’interroger sur ses motifs à transformer l’autre en ce qu’il n’est pas. Qui cherche-t-on à rectifier, alors ? Soi, peut-être.

Dans les relations dysfonctionnelles, c’est au moment où l’on comprend que l’autre ne changera pas – et encore moins sous la contrainte – qu’on cesse de l’aimer. Au contraire, lorsqu’on sait qu’il ne changera pas, on l’aime davantage et on s’accepte plus.

Est-ce que je trouve mon compte dans cette relation de couple ?

Ainsi, pourquoi Marion a-t-elle choisi Thomas ?

Peut-être parce que leur « décalage horaire » lui permet de préserver l’espace que sa mère lui a pris lorsqu’elle était enfant ? Si elle voyait cet obstacle comme une liberté sécurisée par la présence non étouffante de l’homme qu’elle aime, elle vivrait mieux leur vie de couple. D’ailleurs, si elle reconnaissait que ce n’est pas « jamais », mais « pas autant qu’[elle] le voudrait » qu’elle voit Thomas, elle irait vers plus de responsabilité de ses choix de vie. Thomas se sentirait compris et aurait envie de passer plus de temps avec elle. Qui sait, de travailler le jour ? Ou pas. Au moins, ils réaménageraient une vie selon leurs rythmes respectifs, avec tolérance et compréhension mutuelle.

Si Kevin admettait que c’est précisément son avidité sexuelle qui inhibe sa femme, cette dernière aurait davantage la possibilité de s’exprimer, et pas que sexuellement. Aurait-elle choisi un compagnon aussi désinhibé pour qu’il s’exprime à sa place ? Ce qui, en l’occurrence, est réussi. Pour se réaliser personnellement, pas seulement dans son couple, il faudrait qu’elle aille chercher d’où vient son blocage, incarné par son compagnon.

Pour vivre une relation amoureuse épanouissante, Claire aurait intérêt à accepter, voire assumer, Yazid tel qu’il est et tel qu’elle l’a choisi. Yazid gagnerait à faire une introspection pour trouver en quoi la reconnaissance de sa compagne tend un miroir ressenti comme négatif sur lui-même.

 

Prune Quellien

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